25/04/2005

Tout a une fin...

24 juillet

Après une bonne grasse matinée pour nous remettre des événements de la veille, et un bon petit déjeuner (nous
avons malheureusement loupé nos bienfaiteurs de la veille), nous attendons Raphaël, qui n'arrive pas...
Il arrivera vers 16 heures, ce qui nous aura laissé le temps de déjeuner et de siester.
Il nous faut à présent chercher nos billets d'avion. Il est en effet hors de question de refaire le trajet jusqu'à
Abidjan en bus. De plus, je suis à nouveau bien malade, ma digestion est plus que difficile.
Raphaël nous emmène à l'hôtel dans lequel se trouve l'agence d'air Ivoire. Bel hôtel, bien plus beau que ceux que nous avons vus jusqu'ici. L'agence est fermée... zut, nous devons repartir le lendemain... l'heure du retour en France approche à grands pas...
"Ce n'est pas grave, nous dit Raphaël, le directeur d'air Ivoire est un ami, je sais où nous allons le trouver !".
On remonte dans sa voiture, et il s'arrête dans le quartier résidentiel, devant une belle maison. Il sonne, et
apparaît, en short, le directeur en question... qui faisait sa sieste !
Raphaël nous présente et explique le but de notre visite... Monsieur le directeur part s'habiller de manière un peu plus décente, et nous voilà repartis tous les quatre en direction de l'hôtel.
Là-bas, il nous prépare nos billets, et nous le ramenons à sa sieste. C'est ça, l'Afrique... Pires que chez nous, les fonctionnaires !

Nous partons ensuite chez Raphaël, récupérer des affaires déposées chez lui quand nous avons voyagé vers le Mali. On dirait bien qu'on est plus chargées qu'à l'aller !
Je laisse à Raphaël quelques cassettes, pour son plus grand plaisir, et nous allons chercher de quoi grignoter, de l'aloko, avec Honorine à la cabine téléphonique qui leur appartient.

De retour à l'hôtel, nous récupérons des affaires que Rokia avait laissées, cinq paires de chaussures volumineuses (talons bien compensés, de celles qui prennent le plus de place possible...), et que nous lui ramènerons chez elle à Abidjan.

Ensuite, dodo, nous ne sommes pas encore bien remises des fatigues de la veille.


25 juillet

Je suis malade... enfin, encore pire qu'avant.... Le petit déjeuner est très frugal, un coca, une banane (que je vais réussir à rendre sur l'hôtesse de l'air qui ne voulait pas se pousser dans l'avion, et qui me diagnostique un palu, mais... aucun moustique ne m'a piquée !).
Dans l'après midi, Raphaël et Honorine viennent nous récupérer pour nous emmener à l'aéroport. L'avion n'est pas encore là !!! et personne aux guichets pour valider nos billets. Ici, tout se fait en plein air. Enfin, ils arrivent, on embarque, et on part... à l'heure !

De retour à Abidjan, nous cherchons l'hôtel qu'Yves nous avait conseillé, du côté de Marcory, donc, près de chez Rokia.
Après s'y être installées, nous partons chez elle, lui ramener ses affaires. Elle nous accueille très moyennement, nous laissant à peine rentrer... On reste 10 minutes, et on repart à l'hôtel.
Nous appelons au téléphone un ami de Julien, un ami percusionniste. Il nous propose de nous voir le lendemain soir.
Soirée télé et au lit tôt... (encore, mais on en a bien besoin, je n'ai encore dîné que d'un coca...)


26 juillet

C'est notre dernier jour en Afrique...
Le petit déjeuner est bien digéré, ouf...
Aujourd'hui, nous partons visiter Grand Bassam, à 40 km d'Abidjan. Ancienne ville coloniale, les guides disent que c'est sans doute la ville la plus charmante de toute la côte ivoirienne.
Nous prenons une 504 sans rétroviseur, mais on ne s'en aperçoit qu'en chemin... En plus, cette route est réputée dangeruese, et notre chauffeur roule comme un fou ! Bon, accrochons nous !
Il nous dépose dans le quartier colonial. Les vieilles maisons de commerce, en ruine, sont absolument superbes ! Que de belles photos de murs à faire pour un dernier jour...

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La mer est déchaînée, il est déconseillé de s'y baigner !
Sur la plage, d'immenses pirogues attendent que des pêcheurs veuillent bien s'occuper d'elles. Elles sont magnifiques elles aussi, mais on se demande comment elles font pour tenir sur l'eau tant le bois est vieux.

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Très vite, trois jeunes s'improvisent guides, et nous accompagnent partout. Ils sont chanteurs et percussionnistes, sympas, même si nous aurions préféré nous promener seules. Il leur arrive d'ouvrir de grands yeux quand ils nous voient prendre des photos à 30 cm des murs...

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Après un pot pris sur la plage, c'est déjà l'heure du retour.

Nous reprenons une 504, plus remplie que celle du matin.

De retour à Abidjan, nous allons nous promener du côté du plateau, quartier blanc de la ville... Bureaux, immeubles, magasins, sommes-nous encore en Afrique ? Nous visitons un dernier marché artisanal, puis retournons à l'hôptel où nous avons rendez vous avec les amis de Julien.
On aurait dû voir Rokia, aussi, qui devait récupérer d'aurtes affaires, mais en fait, elle s'était débrouillée pour passer à l'hôtel en notre absence, nous laissant un mot : "Marie et Christine, je suis passée un peu plus tôt récupérer le parapluie. Encore merci. Je viens de la banque et je cours à la poste et ensuite à l'hôpital où j'ai un rendez vous aujourd'hui. Nous ne pourrons donc plus nous voir. Faites bon voyage. Excusez moi pour les dépenses inutiles que nous avons faites des deux côtés. Au revoir. Rokia"

Les amis de Julien nous emmènent manger un poisson braisé à Treichville... Il est cuisiné sur feu de bois, en pleine rue. Le bonheur, sans doute le meilleur souvenir culinaire des vacances, tellement il était bon.

Retour à l'hôtel tardif.

On se lève très tôt, il nous faut être à l'aéroport à 5 heures du matin ! Un taxi nous emmène à l'aéroport, essayant de garder son tarif de nuit. Mais, bien renseignées, nous lui demandons de se mettre en tarif de jour, ce qu'il ne fait pas de bon coeur...

Et nous voilà dans l'avion, déjà le retour...

Je dors pendant presque tout le trajet, lessivée !

Arrivées à Paris, nous appelons ma voisine, qui avait porposé de nous inviter le soir de notr retour. Nous lui commandons une énorme salade... bien fraîche, que je n'arriverai pas à manger, tellement mon ventre fait
encore des siennes !


28 juillet

Je me réveille, mais, où suis-je ? Ah, c'est mon lit ?
Cela va durer chaque matin pendant une bonne semaine, je me réveille encore en Afrique !


11 août

Jour de l'éclipse de soleil, que je ne verrai pas...
En effet, toujours malade, je ne tiens plus debout. J'ai encore perdu du poids, depuis mon retour, et surtout, je n'ai aucune force...
RV est pris à l'hôpital Pasteur en médecine tropicale, ouf, ce n'est pas loin de chez moi.
Le diagnostic est vite fait, plus de magnesium... et une méchante bestiole attrapée dans l'eau (les glaçons du whisky ?). Un méga antiobiotique, un seul, mais de taille fera passer tout ça en quelques jours...


Voilà, fin de mon récit, fin de ce magnifique voyage, auquel je repense souvent.

24/04/2005

Un voyage de retour mouvementé

Trois journées en un sul article...
En fait, de retour du pays dogon, nous étions tellement fatiguées, que nous avons fonctionné un peu au ralenti.
La journée du 23 juillet, par contre, a été pleine de rebondissements, dont on se serait bien passé...

21 juillet

Après une petite visite de Mopti (je rappelle que ça se trouve au Mali, près du pays dogon, que nous avons visité la veille, et que nous venons de passer notre deuxième nuit sur une terrasse de la ville), son marché artisanal
(couturiers, touaregs...), les bords du fleuve Niger,

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un long trajet de retour en voiture nous attend. Nous retournons à Ségou, pour une petite halte, avant de regagner la Côte d'Ivoire...
Rien à dire du voyage en voiture, pendant lequel, écroulées de fatigue, nous nous endormons...
Arrivées à Ségou, nous retrouvons notre hôtel... et sa piscine... Vive la piscine, et vive la douche qui a suivi...!
Le soir, après le dîner, Boubacar, notre guide, nous invite à prendre le thé chez lui, avec ses amis.

22 juillet

Grasse matinée : on en avait bien besoin... Après le petit déjeuner, nous allons chercher nos billets de bus pour retourner vers Sikasso le lendemain... Nous sommes tristes, car nous entamons tout doucement le trajet du retour...
L'après-midi, nous visitons le quartier colonial avec ses belles maisons, puis, en pirogue, nous traversons le fleuve pour visiter un village de pêcheurs bozos.
Cette fois, c'est une pirogue sans moteur, nettement moins stable !

23 juillet

Notre départ pour Sikasso est prévu à 8 heures, mais il faut être à la gare routière au moins une heure avant... Donc, nous nous réveillons à 6 heures. Boubacar nous emmène jusqu'à la gare en voiture. Comme d'habitude, nous sommes à l'heure pour rien, puisque le bus ne démarre qu'à 9 h 10 !
De Ségou à Sikasso, il y a un peu plus de 200 km, nous espérons y arriver assez vite, mais c'est compter sans les longs arrêts : pauses-pipi, pauses-prières, pause-repas, re pause-pipi... etc ! La plupart du temps, les
arrêts sont longs, presque une demi-heure. Le matin, nous avons demandé un sandwich à l'hôtel, et avons rempli nos gourdes d'eau. De toutes façons, le voyage ne serait pas long..., pensions-nous...! En fin de compte, nous
arrivons vers Sikasso à 16 heures !!!, affamées, notre sandwich est mangé depuis longtemps, et nos réserves d'eau sont chaudes. Le voyage a été très pénible, bruit des fenêtres qui vibrent, sièges trop étroits, et bien durs pour un voyage aussi long, et chaleur, toujours cette chaleur...
Comme nous sommes toujours malades, nous décidons de ne pas manger, et de toutes façons, dès notre arrivée à Sikasso, un chauffeur de taxi-brousse nous met le grapin dessus, nous demandant où nous allons. Quand nous lui répondons Korhogo, il nous dit que son taxi part tout de suite. Chouette, quelle aubaine, pas d'attente, comme à l'aller. Nous transférons nos bagages du bus vers le taxi (les taxis-brousse sont de vieux J5 ou Volkswagen, dans lesquels il y a normalement 6 places, chez nous, en Europe, et dans lesquels on entasse 15 ou 16
personnes en Afrique.) Effectivement, nous partons presque tout de suite, et d'ailleurs, n'avons pas eu le temps de nous ravitailler en eau minérale, mais tant pis, il va faire nuit, donc un peu plus frais, et nous devrions être à
Korhogo suffisamment tôt pour trouver de quoi boire et manger...
Au bout de 2 minutes, premier arrêt... 2 nouveaux passgers montent... pourquoi n'étaient-ils pas à la gare routière, mystère...
On remet tous les bagages en ordre, et nous repartons, un peu plus serrées qu'avant... pour nous arrêter 5 minutes plus tard, prendre de l'essence...
On repart pour 5 autres minutes, jusqu'à un barrage de police, comme dans chaque ville du Mali, à l'entrée ou à la sortie, il y a un contrôle.
Bref, ça dure ainsi pendant un bon moment, et, quelques arrêts plus tard, nous sommes proches de la frontière.
Avant le passage à la frontière, le taxi s'arrête, et un tas de type s'avancent vers nous en criant "moto, moto, moto"... On n'y comprend rien, mais 6 personnes descendent du taxi, et n'en remontent plus... Bizarre... mais au
moins, il y a un peu plus de place...
Passage des douanes, comme à l'aller : d'abord la frontière du Mali, pour les touristes, nous, puis un autre barrage, pour les africains, et pareil pour la frontière de la Côte d'Ivoire. Là, au contrôle de police, le policier
nous demande (Chris et moi sommes les deux seules blanches du taxi) où je vais. Il est en train de contrôler mes papiers. Je lui réponds Korhogo. Il me demande combien de temps on va y rester, ce à quoi je réponds, juste deux jours, avant de repartir pour Abidjan... Et là, il s'énerve, "mais alors, quand je vous demandais où vous alliez, il fallait me dire Abidjan". Non mais, il ne va pas
m'énerver celui-là... Je lui réponds, que dans ce cas, je ne vais pas à Abidjan, ma destination finale, c'est Paris..." et là, un coude se coince dans mes côtes, c'est celui de Chris, qui, sentant la moutarde me monter au nez, et me connaissant un peu, prend la suite des opérations... Bref, nos passeports tamponnés, nous remontons dans le taxi, et repartons.
Pas pour longtemps...!!!
La frontière passée, nous nous arrêtons sur un parking, quelques kilomètres plus loin...Eh oui, les six personnes descendues avant la frontière, nous venons de le comprendre, sont six passagers clandestins, qui ont passé la frontière en moto, et qui vont continuer le trajet avec nous...!!!
20 minutes plus tard, nous repartons, enfin... à nouveau serrées... Il fait déjà nuit.
La nuit, en Afrique, il y a des barrages de police, et la nuit, en Afrique, pour signaler les barrages de police, les chauffeurs de taxi ont un code (appels de phares). Résultat : chaque fois qu'un barrage était signalé, nos
clandestins, enfin, les deux les plus clandestins de nos clandestins descendaient, nous passions le barrage, contrôle des papiers, discussions diverses, et nous repartions, nous garions, et attendions les deux personnes qui arrivaient tout sourire à pied...
A chaque barrage, nous avions ainsi droit à 20 ou 30 minutes d'attente... ce qui est toujours très sympathique, quand on est fatigué, assoiffé, affamé comme nous l'étions...
Un peu plus tard, les gens s'animent dans le taxi... Que se passe-t-il ?
Vite, le chauffeur s'arrête, éteint ses feux, les deux clandestins sortent, vont se cacher, et voilà que le chauffeur se met à reculer...
Il venait de dépasser un barrage policier, qui ne lui avait pas été signalé...!
Le policier vérifie le permis du conducteur, et le confisque... La galère...
Comment va-t-on continuer ?
Changement de chauffeur, (en fait, ils avaient changé avant de reculer, mais on ne s'en était pas rendu compte !) et le vrai chauffeur reprend sa place. Vérification des papiers, et on repart, on s'arrête, et, lumières éteintes,
les deux clandestins remontent...
Le peu de patience qui me reste s'effrite doucement. Il est près de 22 heures, nous sommes parties depuis 9 heures, du matin, et ne rêvons qu'à une chose, un lit à Korhogo !!!
Nous arrivons à Ferkéssédougou, à 55 km de Korhogo.
Le taxi s'arrête, et nous entendons, "les deux blanches, là, vous descendez ici, vous prenez le taxi qui est là, je vais le payer."
On descend nos bagages près de quelques hommes occupés à boire un thé. Je suis de très mauvaise humeur, et je le serai encore plus quand j'aurai compris que le taxi en question ne partira pas avant d'être rempli... Il est 22 h 30, autant dire qu'il ne le sera pas avant le lendemain !
On nous demande de nous asseoir... Là, j'explose. "Ca fait des heures que je suis assise, monsieur, depuis ce matin neuf heures, je n'ai fait qu'être assise, et là, je rêve d'un lit, et ce lit, il se trouve à Korhogo, alors, dites-moi à quelle heure on va partir ?". il me répond, "s'il y a l'occasion"... ce qui le fait beaucoup rire !
Moi, je ne ris plus. Mais alors, plus du tout !
Une voiture s'arrête, et on nous propose de nous emmener. Chris accepte, mais je ne suis pas d'accord. A voir la tête des personnes à l'intérieur, et leurs bouteilles de bière, je ne sais pas si c'est très prudent.
Heureusement, un peu plus tard, une autre voiture s'arrête, deux passgers descendent, et on nous propose, pour 200 F, de nous emmener à Korhogo. Nous marchandons pour 100 F (français), et partons, pas trop rassurées quand même, dans une superbe mercedes climatisée, qui roule merveilleusement bien, tellement bien qu'on ne sent même pas les bosses de la route, et avec en prime, l'auto-radio...
On nous dépose à l'hôtel Agip, où nos chambres sont réservées, il est 23 h passées !
Pendant que Chris surveille les bagages, je vais à la réception. Le patron grimace, son hôtel est complet, je me suis trompée dans les dates, j'avais réservé la veille, et comme nous ne sommes pas venues, il a donné nos
chambres...
Ce n'est pas vrai !
Heureusement, deux balncs, hommes d'affaire à Abidjan, nous ont donné une de leur chambre. Ils nous ont vues épuisées, et comme les chambres étaient des chambres à deux lits, ils ont décidé de prendre la même, nous en cédant une... en échange des croissants au petit déjeuner... ce que nous n'avons pu leur offrir, vu l'heure à laquelle nous avons émergé le lendemain matin...
Ouf, c'est la fin d'une longue journée de galère, un bon lit nous attend...
Mais, quand on la raconte à des habitués, cette journée, leur réaction est de nous dire "là, vous avez vu l'Afrique !", et je crois que c'est vrai...
Peu de temps avant de partir, on était allées voir un film africain, dont l'histoire se passait dans un taxi-brousse. En sortant, on se disait que l'histoire était un peu exagérée, mais après cette journée-là, on n'a plus pensé pareil...

23/04/2005

Pays dogon

20 juillet,

Après un petit déjeuner dans une pâtisserie dogon, où les petis pains ressemblent un peu aux nôtres, nous partons vers l'hôtel, récupérer nos bagages. Il a dû bien se marrer, le patron de l'hôtel, puisqu'on lui a payé une nuit que nous sommes allées passer ailleurs. Nous en profitons quand même pour prendre une "vraie" douche, qui nous manquera certainement ce soir, puisque nous retournerons dormir chez les amis de Boubacar.

Le programme de la journée, c'est une excursion dans le pays dogon.

Direction Bandiagara, la ville de Hamadou Hampaté Bà, grand écrivain malien (il a écrit "Amkoullel, l'enfant peul", entre autres, que j'avais lu juste avant de partir).
La route est bonne, mais malgré tout, nous crevons... et avons droit à une petite pause au soleil sur le bord de la route, pendant que les deux Boubacar réparent.
A Bandiagara, nous faisons une petite pause chez un réparateur de pneus, et achetons quelques noix de cola sur le marché pour les vieux dogons que nous rencontrerons plus tard dans la journée, puis nous repartons pour les 45 derniers kilomètres qui doivent nous mener jusqu'à Shanga.
La route devient très difficile. D'énormes nids de poule à éviter tous les 50 mètres, conduite en zigzag, et presque au pas. Nous sommes de plus en plus secoués, il fait de plus en plus chaud. Je n'aimerais vraiment pas conduire dans ces conditions...

Le paysage change, partout, de petits villages dogons, avec leur architecture très particulière : maisons de terre, greniers à mil sur pilotis en bois, avec des toits de chaume, tout ronds. Disposés autour de l'enceinte de la concession, ces greniers sont une défense contre la famine.

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Boubacar nous explique que chaque village dogon possède différents édifices :
- la guina, qui est la maison du chef de famille, principal édifice du village. C'est là que se retrouvent les membres d'une famille pour les fêtes. Le toit en terrasse permet le séchage des oignons, la cour est occupée par les greniers, le poulailler et la toilette;
- la case à palabres, sorte de hangar, uniquement réservée aux hommes, pour discuter des affaires du village. Le toit y est très bas, pour obliger les gens à s'asseoir, à discuter calmement, celui qui se lèverait brusquement se cognerait forcément la tête au plafond...
- les greniers, enduits de beurre de karité et de bouse de vache, fermé par une petite porte en bois sculpté et une serrure. les gros geniers servent à entreposer le mil, les plus petits sont pour le grain et les oignons. Ils sont recouverts d'un toit de paille pour les protéger de la pluie.
- maison du Hogon, qui est le chef religieux. C'est le personnage le plus respecté du peuple dogon. Les Hogons sont peu nombreux, et on reconnaît facilement leurs maisons dont les façades sont peintes.
- la case des femmes ayant leurs menstruations, qui sont déclarées impures durant cette période.
- la table du renard (j'en reparlerai plus loin)
- les lieux de culte chrétien et musulman, la plupart des villages possèdent désormais une mosquée, une église, un temple, ou les trois à la fois.

Enfin, Shanga. Nous sommes contentes d'arriver et de pouvoir sortir de la voiture, le voyage a vraiment été pénible.
Shanga est un ensemble de 13 villages dogons surplombant la falaise de Bandiagara.
Nous allons tout d'abord déjeuner et nous rafraîchir, sur la terrasse panoramique d'un restaurant qui surplombe un paysage grandiose. Dommage, il ne fait pas très beau, le ciel est un peu gris ajourd'hui.

En contrebas, des femmes en file indienne ramènent de l'eau au village, l'approvisionnement en eau étant l'une de leur multiples tâches, d'autres pilent du mil.

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Après le déjeuner, nous partons au pied de la falaise. De là, nous apercevons des villages accrochés à la paroi rocheuse, avec des habitations troglodytiques.

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C'est là que les dogons sont venus s'installer, il y a quelques siècles, fuyant l'islamisation. (depuis 50 ans, environ, cette religion est maintenant devenue la religion dominante). Plus loin, nous apercevons d'autres petits villages, du même type que ceux que nous avons vu depuis la route pendant le voyage, mais vus d'au-dessus. A côté des greniers sur pilotis, nous voyons des maisons avec des terrasses, qui nous rappellent un peu celles de Mopti, mais en plus petit, des cours... C'est beau...
Un troupeau de boeufs passe près de nous, accompagné d'un berger peul.

Au loin, nous voyons le désert, qui gagne quelques centimètres chaque année. Les portes du désert... du sable, du sable, et encore du sable, mais parsemé d'arbres, à perte de vue...
Le vrai désert, sans arbre, se trouve beaucoup plus loin.

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Boubacar nous emmène ensuite voir un dessin sur le sol... C'est la table du renard. Il s'agit d'une table rectangulaire recouverte de signes, petis bâtonnets, cailloux... etc. C'est l'oeuvre d'un féticheur. Pour les dogons, Amma, la force créatrice suprême engendra la Terre, puis son premier fils, le renard pâle, qui peut prédire l'avenir aux hommes. Mais, comme il a perdu la voix, les devins font ces dessins. Selon la question posée, ils disposent des brindilles, versent un peu de bouillie de mil et des graines d'arachide. La nuit, le renard pâle vient, et au matin, le devin traduit les traces laissées par la bête sur les tables, ses "réponses", et prédit l'avenir.

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Il nous faut déjà penser à prendre le chemin du retour. En effet, mieux vaut éviter de rouler la nuit, et c'est donc à regret, que nous remontons dans la voiture (toujours aussi chaude...). Nous nous promettons de revenir passer quelques jours dans le pays dogon lors de notre prochain voyage, parce que là, nous n'avons pratiquement rien vu. Nous n'avons malheureusement même pas eu le temps de nous promener dans un village, d'y prendre l'ambiance...

Sur le chemin du retour, nous nous endormons. Boubacar nous réveille : dans un champ, des paysans labourent à l'aide d'un chameau...

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Nous en avions déjà vu un la veille, mais étions passés trop vite. Cette fois, nous nous arrêtons. Pour éviter que l'on ne se rendorme, il nous dégotte aussi au fond de sa boîte à gants une cassette d'Habib Koité... Sacré
Boubacar ! Et dire que cela fait trois jours que je lui demande s'il en a une... Je n'en crois pas mes oreilles, surtout lorsqu'il ajoute : "Voilà, vous me demandez un chameau, je vous trouve un chameau, vous voulez écouter Habib Koité, je vous trouve Habib Koité !"
Bon, on se rendort quand même... mais je n'ai pas beaucoup dormi la nuit précédente, sur la terrasse, et cette chaleur, difficile de lui résister, elle nous fatigue...

Retour à Mopti, chez Ba.
L'heure de la douche approche, et nous en avons bien besoin... C'est maintenant, que nous regrettons un peu la chambre d'hôtel... La "salle de bains", qui sert aussi de toilettes, est une petite salle éclairée seulement par une petite fenêtre. dans un coin, les latrines, sans eau courante, (inutile de décrire les odeurs...) et de l'autre côté, un seau pour la douche... En plus, il fait nuit, donc, c'est toilette à la lampe de poche... Autant dire, la douche la plus rapide de ma vie, aïe, c'est quoi cette bête sur mon épaule ?, finalement, heureusement qu'il n'y a pas de lumière, peut-être...
Après la toilette, le dîner, (nous allons dans restaurant), puis, nouvelle cérémonie du thé, tout aussi sympathique que celle de la veille.
Un peu plus tard, avec Boubacar, nous allons faire un tour dans Mopti by night, rendons visite entre autres, à l'une des soeurs de Ba, qui vient d'ouvrir un magasin de cosmétiques. Comme d'habitude, les "toubabous,
toubabous !" des enfants nous amusent... Souvent, je demande à Boubacar : "Tu as vu des toubabous, toi, ils sont où, les toubabous ?" ce qui amuse d'autant plus les enfants... Et dire que c'est demain qu'il va
falloir repartir...
Finalement, on a eu du mal à arriver au Mali, mais on va avoir du mal aussi à en repartir, ce pays est vraiment très attachant.

Nous nous préparons à une nouvelle nuit sur la terrasse. Elle ne ressemblera pas à la précedente, puisque vers 4 h du matin, la pluie nous réveille. tout le monde se rapatrie vers les pièces de la maison, où il fait tout de suite plus lourd...